Une fois n’est pas coutume, je vais consacrer cette chronique du Coin des maudits à un seul opus : l’opus 31 de Sergueï Prokofiev (1891-1953), intitulé Contes de la vieille Grand-Mère. Il s’agit d’un recueil de quatre pièces, qui m’accompagnent depuis un certain temps déjà,...

Combien de mains faudrait-il pour compter les mélomanes ayant entendu le nom de Stephen Heller  (1813-1888) ? Combien de doigts pour compter ceux ayant entendu sa musique ? Tout au plus, les notes de quelque Étude pour la jeunesse résonnent parfois dans les couloirs d'un Conservatoire, ânonnées...

Me pardonnera-t-on d’ouvrir ma chronique sur une longue citation ? Elle est signée Gian Francesco Malipiero (1882-1973), compositeur Italien. La voici : « En fait, j’ai rejeté le jeu facile du développement thématique, parce que j’en ai eu assez, et qu’il m’ennuyait à mourir. Une fois qu’on...

"Je ne suis pas musicien, Monsieur, mais je voudrais bien être une musique." « Ma musique, c’est mes mains. » Ce mot de Federico Mompou (1893-1987) explique peut-être l’hégémonie du piano dans son œuvre. Pour ce Catalan, la musique se fabrique sous les doigts. C’est...

Ce n’est pas un destin ordinaire que celui d’Alexandre Borodine (1833-1887). Ce compositeur Russe était l’enfant naturel du Prince Louka Stépanovitch Guédianov et d’une fille d’histrion, une certaine Dounia. Loin de le desservir, cette naissance un tantinet honteuse lui prodigua bien-être et instruction. En effet,...

Pour le mélomane, Franz Liszt est au piano ce que Paganini est au violon : un brasseur de triples croches, parangon de la virtuosité et du brio, qui fait trembler doigts et phalanges des pianistes les plus chevronnés. C’est l’homme de la première Méphisto Valse...

Il est plusieurs manières d’être maudit. On peut l’être en bloc, marqué par le fer d’un oubli complet et sans appel, et on peut l’être avec une mystérieuse parcimonie. Celui que j’évoquerai aujourd’hui est loin d’être inconnu. Son Concerto pour piano constitue l’un des fleurons...

La peur de la page blanche n’est pas le moindre des maux de l’écrivain. Tout a été dit sur le sujet, et je n’ai pas l’intention d’ajouter à cette littérature blafarde. Il en a fait couler, de l’encre, cet océan de papier où l’inspiration s’abîme...

De temps à autre, il est donné à L’Homo Scribens d’ôter ses bésicles, de jeter son encre, de ranger ses grimoires, et de quitter son environnement naturel pour se mêler à ses semblables. N’ayez crainte, on ne le laisse pas pour autant errer en liberté...

Hier encore, j’avais pour dessein de dédier cette nouvelle chronique du coin des maudits à Edward Grieg, plus particulièrement à ses Slåtter. Mais voilà, à l’heure où je me mets à l’ouvrage, une neige opiniâtre poudre Paris. Mon esprit de contradiction n’a fait qu’un tour,...