Bobines (December 14, 2015 at 01:04PM)

Coucou Renan, c’est Damien…
Voilà, ce soir, la dernière…
Plusieurs milliers de kilomètres à bord de notre van, dans lequel résonnent encore ces mots: « C’est encore loin, grand Schtroumpf? ». Et surtout des images imprégnées sur les bobines de nos souvenirs. Les neiges suisses et les vignes bordelaises, la petite chapelle des Mont d’Arrée, dans laquelle nous sommes entrés le 14 janvier, la cathédrale de Laons et le chaton gris de l’hôtel où nous dormions ce soir-là, l’âne caressé du côté du Haillan, la Jupiler belge bue après (et un peu avant…) le spectacle, la place du marché de Villeneuve-sur-Lot, l’ancien légionnaire devenu patron d’un restaurant à Bagnols-sur-Cèze, les stations services qui se suivent et se ressemblent, le thermos de café, les feuilles de Ginkgo ramassées (« comme elles tombent bien… »), les comparaisons matinales de nos statistiques de sommeil, les chansons paillardes, les frites à une heure du matin, le calinou avant d’entrer en scène (notre rituel), les fous rires, les larmes d’une jeune fille du premier rang pendant « I was here », les tests de micro cravate sur des textes de Raymond Devos, les claquettes sur une planche de contre-plaqué au beau milieu d’un Castorama, la planète Jupiter observée une nuit près de Bordeaux, un sanglier traversant la route juste devant notre van, une finale de rugby regardée avant de jouer, le public Belge qui chante spontanément « elle m’avait tout dit promis… », un verre de bon whisky siroté en rentrant du spectacle, une petite fille qui vient me voir pour me dire: « Damien, moi aussi j’ai arrêté de grandir », un nuage de poussières créé en tapant sur le tabouret du piano, un camarade d’enfance que nous retrouvons 30 ans plus tard, et cerise sur le gâteau, une spectatrice qui, à la fin du spectacle, nous offre… un sac de boudin.
À ce soir au Café de la Danse…
Vivement la suite…
Je t’embrasse,
Damien
#DamienLuce