Bobines (November 02, 2015 at 11:13AM)

Salut Renan!
« Quelle vie de patachon », comme dirait maman. Avec plus de 4000 kilomètres dans les pattes, ces trois dates nous ont bien promenés… Elles ont été sous le signe des balances, qui se suivent et ne se ressemblent pas. Je retiens les feuilles mortes ramassées par notre cher tourneur Jimmy (qui parfois nous fait tourner en bourriques). Sébastien, le maître des lumières, a vite trouvé un surnom pour moi: « petit Elfe des bois », ce qui ne manque pas de charme. Et je profite de ce message pour faire un clin d’oeil à Antoine, qui nous quitte pour d’autres aventures, après avoir produit pour nous de grands millésimes sonores à chaque représentation. Je retiens aussi la finale de rugby que nous avons pris le temps de regarder, et qui certainement nous a donné un surplus d’énergie. Et n’oublions pas le magnifique piano qui m’a été accordé en Suisse: un sublime Steinway qui jouait quasiment tout seul. J’aime voir notre spectacle grandir, mûrir, prendre ses marques. Le voilà à l’épreuve du public, comme un bateau que nous avons soigneusement imaginé et construit dans le secret de notre atelier, et qui maintenant est à l’eau. Tout va bien, il flotte. Mais chaque soir, nous devons choisir le cap, régler les voiles en fonction de la direction du vent soufflé par notre auditoire. C’est ce que j’aime au théâtre: l’embarcation dépend de nous, mais sa trajectoire dépend du public. Rien n’est joué d’avance. Il ne faut jamais cesser d’être en état de création, et tester de nouvelles idées, de nouveaux pas de claquettes, de nouveaux dialogues. Le spectacle est vivant, et ce qui vit n’est pas figé. Ce qui vit ne se repose pas. Je ne crois pas aux pentes naturelles. Si l’arbre obéissait à ces pentes, il ne s’élèverait jamais de terre. Ce qui vit est toujours tendu, en résistance. C’est ainsi que je vois notre métier. Bref, vivement jeudi! Je t’embrasse, Damien
#DamienLuce